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dimanche 23 février 2014

Masque n°2 : L'Etranger...


D'où je viens? Oh, ni d'ici ni de la-bas. Je viens d'ailleurs et cet ailleurs je ne sais ce qu'il est...

lundi 10 février 2014

Masque n°1 : L'Existentialiste

Il me faut subir le danger que la liberté admet, le risque que celle-ci engendre. Pour me sentir véritablement exister, il me faut vivre ma propre création, mon oeuvre d'art qui n'est autre que ma vie, celle que j'aurai créé tout seul, détaché de tout être, de tout objet.
C'est pour cela que je m'en vais. Je m'en vais en direction du surhomme ; un désir de puissance, de grandeur, de constamment devoir me surpasser, me devancer moi-même submerge mon esprit.
J'ai fait de mon essence la volonté de puissance...

lundi 3 février 2014

Le Jeu du Contraste : L'Affirmation de l'Homoduplex...

Le bien et le mal, l'élévation et la chute, la gauche et la droite, la lumière et l'obscurité. Tant de pages je pourrai noircir avec ce nombre infini d'oppositions. Il est vrai, notre existence est composée de contradictions qui s'affrontent perpétuellement.
Se sachant incapable de faire un choix, l'homo duplex en nous oscillera, tel un pendule d'une extrême à l'autre. En effet, l'existence d'un chemin, d'un sens engendre l'existence du chemin opposé. Ainsi, éperdument attiré par ces deux infinis, l'homme voudra, tel un impératif intérieur, exprimer ses deux faces qui le forment.
Est-ce que cela peut également être traduit par une incapacité profonde de faire un choix? D'adopter un côté et de s'y tenir? Mais, ne serait-ca pas plus triste que de se limiter à un seul côté de l'axe. A l'instar d'un jeu d'échec, notre existence est divisée en deux camps qui, bien qu'en constant combat, sont indubitablement complémentaires, l'un n'existera pas sans l'autre.
Assumons alors cette bipolarité, acceptons le fait que depuis le péché originel, nous subissons l'existence du diable, il est celui qui nous a divisé ( c.f Mots, le Diable ). 
Voilà que le jeu du contraste annonce son arrivée. Il laissera son empreinte là où bon lui semblera, l'apparence même d'une personne est touchée, qu'elle en soit consciente ou non. Il est vrai, la jupe longue, taille haute, demandera le top plutôt court ; l'élégance suprême se mariera avec un esprit décontracté. Ou encore, une chemise blanche, structurée, fera appel aux bottines plutôt grunge et anarchiques.
Si dans le paraître, ces oppositions composent l'objet d'une allure formidable, serait-ce possible que celles-ci soient soient également source de puissance dans l'être?...




 

jeudi 2 janvier 2014

l'Âme brute des Artistes : Une hyperbole perpétuelle...

Il y a l'artiste et il y a l'artiste français. Les deux sont des génies, ceci est indubitable. Mais l'artiste français est une race rare, il tue l'homme qu'il est, pour ne faire place qu'à son âme ; son esprit, délivré du corps humain pourra alors errer dans des lieux imaginaires qui ne sont visibles qu'à l'oeil de la conscience.
Créateur Jean-Paul Gaultier et écrivain Louis-Ferdinand Céline sont deux artistes, deux français, deux meurtriers qui n'ont comme possession que leur esprit.
Ils laissent leur âme parler et lorsque l'âme parle, elle crie, elle s'exalte, elle est brute et honnête, puérile et non éduquée ; d'où émane la troublante et bouleversante sincérité de Céline et l'extravagance à son état brut de Gaultier. 
A l'instar du français qui exacerbe tout, autant le langage que le style, l'exaltation euphorique que la lamentation désespérée, c'est l'âme de l'humain qui jaillit et non le soit-disant homme, homme civilisé, homme imprégné de valeurs illusoires, homme robotisé qui fuit la peur au lieu de s'enivrer d'elle. L'âme française ignore toute limite, elle s'enfièvre de toutes ses émotions : son existence est une hyperbole perpétuelle. " loin du français, je meurs..." eut professé le littérateur Céline, il a bien raison, loin du français, l'âme plonge dans un ennui fataliste, dans une mélancolie presque anesthésiante. Le langage français, oral ou écrit, dans son allure ou dans son être, impose une exaltation, une brutalité sincère. Il se veut aventurier et audacieux, il refuse la modération, désire posséder l'infini et exalte toute chose jusqu'à son paroxysme. 
Cette fureur est exposée chez nos deux artistes, leur âme pure et brute transparaît derrière leur création. L'un restitue le langage parlé, le langage de l'âme dans la langue écrite, l'autre crée une apparence, une allure qui n'est que le cracha et l'ombre de son âme...
Jean-Paul Gaultier
A/W 2006



Louis-Ferdinand Céline



















"Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n'est que déceptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force.
Il va de la vie à la mort. Hommes, bêtes, villes et choses, tout est imaginé. C'est un roman, rien qu'une histoire fictive.
Littré le dit, qui ne se trompe jamais.
Et puis d'abord tout le monde peut en faire autant. Il suffit de fermer les yeux.
C'est de l'autre côté de la vie."
- Voyage au bout de la nuit, Céline
S/S 2013




vendredi 27 décembre 2013

Kate Moss : Une Créature céleste...

Dans un monde où la culture change aussi rapidement que l'humeur d'une femme enceinte, les stars apparaissent sur le glorieux tapis rouge et, d'une manière quasi simultanée, s'effacent et retombent dans la masse plébéienne. 
En effet, dans le flux perpétuel de la rivière qui est la vie, les divers objets y flottent et naviguent pour finalement se jeter dans l'infini de la mer, leur passage dans ce cours d'eau sera bref, inutile et insignifiant ; image plutôt allégorique au scénario de nos vedettes : bien qu'ayant été le phénomène du moment, la culture perpétuellement changeante et le temps bien trop pressé feront en sorte que cette personnalité, sûrement formidable je n'en doute point, fondera tout de même dans l'abîme de l'océan avec le restant des déchets que transporte la rivière.
Mais alors, dans ce flux constant, est-ce possible d'avoir un quelque chose si vorace, si puissant qu'il demeurerait éternellement dans cette rivière sans jamais disparaître dans l'abîme de la mer. Une personne peut-elle posséder l'immortalité? Peut-elle aller contre le courant et devancer les forces du flux pour demeurer à jamais aux côtés de la vie. Devra-t-elle forcément se mélanger un jour à l'histoire, ne peut-elle pas éternellement égaliser le présent?

Journaliste et artiste Russel Marshal a fait de Kate Moss le sujet d'une exposition à la galerie d'art moderne de Londres surnommée Imitate Modern, lieu où la créativité de l'art urbain est glorifiée. Pour son exhibition Inside Kate Moss : 40 - A retrospective, l'artiste a sélectionné diverses photos de l'icône qui seront présentées dans dix couleurs différentes et, chacun des portraits choisis dévoilent une face de l'être qu'elle est. Il fait l'éloge de l'anglaise en célébrant ses quarante ans comme il se doit. Sa personne, tant noire et obscure que douce et innocente, transparaît derrière ses portraits. C'est dans son essence même que se cache l'immortalité, c'est dans son allure que se révèle sa puissance céleste et dans ses yeux, sa volonté infinie de vie. Dominant le flux de la rivière, elle refuse le sort de l'homme se déclarant comme être immortel, cela tout en admirablement maintenant sa modestie naturelle, innée. Ayant créé son propre flux, sa propre unité de temps, elle est perçue telle une créature divine insoumise aux lois de la nature, au sort indéniable de l'homme.
Le désir rongeur d'immortalité semble être assouvi chez notre mannequin, sans même le vouloir, elle tiendra comme adversaire éternel la mort...
rock chic model mother love



Westwood geisha



never complain never





















london girl

jeudi 19 décembre 2013

Le Minimalisme: Le Reflet d'une Âme lucidement épurée...

Le minimalisme, est-ce un élan ascétique ou tout bonnement une volonté de simplicité? Après un nombre effrayant d'années où l'on a prôné le soit-disant progrès technologique, aurait-on finalement réalisé l'erreur de nos valeurs? Peut-être a-t-il fallu la sortie du cinquième iPhone pour prendre conscience du danger de ce fatale progrès, du trou noir qui nous guette, de cet inassouvissement éternel.
Le retour du minimalisme miroiterait alors le retour du passé lointain, du passé oublié et éperduement caché sous la poussière de nos sociétés, de nos cerveaux hébétés. Après un élan euphorique d'ornementation excessive, d'exaltation surdimensionnée, de "progrès" incessants, le temps se serait-il finalement arrêté? Les eaux qui créaient d'antan de la fausse profondeur dû à leur agitation injustifiable, se seraient-elles calmées. 
La divine sérénité qu'a retrouvée la mer se verra alors être reflétée dans l'âme de l'homme, une âme enfin délivrée de ses désirs vaniteux. Les eaux calmes de l'homme épuré qui paraissent sans vie aucune sont en réalité celles-là seules qui ont de la vie, de la profondeur. C'est ainsi que l'allure minimaliste expose un quelque chose d'insipide illusoire uniquement, car c'est précisément cette dernière qui est la plus profonde, la plus réfléchie. Ce style n'exprime rien à l'homme passif, il demeure muet et paraît dépourvu de vie, mais derrière sa pâleur apparente transparaît un esprit penseur. En effet, le minimalisme véritable ne peut être acquis qu'après une prise de conscience, une lucidité totale qui émane de longues recherches scrupuleuses et exigeantes. Après seulement l'homme sera-t-il réellement épuré...




dimanche 8 décembre 2013

L'Ascèse : Une exigente purification d'âme et corps...

Le nouvel an, simultanément à son apparition, fera germer en moi le plus tyrannique des impératifs intérieurs : la volonté d'ascétisme.
C'est uniquement après une purification intense que l'âme pourra commencer à se connaître soi-même. En effet, elle est pour l'instant aveuglée par le brouillard qui est la société, comme si polluée par les miasmes de ce bas-monde, elle s'est égarée au milieu de toutes ses pensées incomplètes et insensées. Il est finalement temps de mettre de l'ordre dans les idées, une structure sévère et réfléchie devient alors inévitable.
Conséquemment à une fureur et anarchie exaltées dans le Grunge, j'aspire désormais à une élévation, à un ordre suprême et véritable. Après avoir voyagé vers l'abîme avec le mal à mes cotés, je me retrouve être éprise par l'ardent besoin de jaillir comme une flèche vers les astres où règne le Bien. L'élévation m'est finalement visible et je ferai de l'ascèse mon arme secrète, mon guide invisible vers le royaume de l'homme.
Comme l'a professer Frabrice Luchini à propos de Nietzsche : " La volonté nietzschéenne prend appui sur sa propre vitesse. Elle est une accélération du devenir qui n'a pas besoin de matière. Il semble que l'abîme, comme un arc toujours tendu, serve à lancer ses flèches vers le haut. Près de l'abîme, le destin humain est de tomber. Près de l'abîme, le destin du surhomme est de jaillir, tel un pin vers le ciel bleu."
Le nouvel an témoignera ma renaissance. L'homme révolté, mort au fond de l'abîme, cèdera sa place au surhomme qui jaillira vers des terres pures.



DKNY
pre fall 2014

L'allure subira également une transformation foudroyante : La fureur obscène et chaotique des tenues sera travestit en une apparence lucide et sévère qui provient de l'exigence qu'ordonne l'ascèse. L'attitude simpliste et épurée miroitera l'austérité d'une vie privée de tout besoin inutile.
Ayant finalement appris à nager dans l'abîme et devancer le brouillard de l'ignorance, l'année 2014 jaillira vers les cieux en se déclarant tant puissante et lucide que simple et pure...

Adam Lippes
pre fall 2014












Reef Krakoff
pre fall 2014








samedi 30 novembre 2013

Le Mannequin : Une Âme libre et insouciante...

Le mannequin, n'est-elle pas une créature sublime, une créature fascinante, une créature qui capture notre regard et fait de nous de simples idolâtres tristes et envieux. Serait-elle dotée d'un pouvoir surréel lui permettant de totalement supprimer le monde qui l'entoure, devenant ainsi plus que l'unique objet de notre perception.
Comme si habitant un autre univers, la top-modèle semble mener sa vie dans les sphères plus hautes que ce bas-monde. En effet, elle projette une telle indifférence pour le décor qui entoure sa personne, que l'on pourrait penser d'elle une âme supérieure, une âme libérée de tout besoin terrestre. 
Il y a un quelque chose d'inhumain dans son allure, un quelque chose de puissant qui émane de son désintéressement pour toute crétinerie humaine. Il est vrai, s'étant détaché de son monde, elle a laissé place à une ataraxie absolue qui a si puissamment submergé son esprit que cet état d'âme se dévoile dans son allure même et ceci transparaît comme une sorte de zen attitude, une attitude qui se veut décontractée et insouciante mélangée de puissance et d'hardiesse.
Comme si libérée de toutes les chaînes invisibles communément nommées désirs et valeurs, le mannequin se voit capable d'errer dans une réalité supérieure plus sereine et plus puissante, de là découle peut-être son attitude, il est vrai, quelque peu condescendante...








dimanche 17 novembre 2013

Sans Nom ni Visage : L'Homme qui vit devant un Miroir...

Tel un forcené du paraître, l'homme fait de son allure un sujet d'exigence implacable. L'attention au détail qu'est portée sur son apparence exprime un fanatisme tant méticuleux que dérangé. Son oeil furtif agit comme un impératif intérieur, une sorte d'ascèse impassible et sans pitié aucune ; il est vrai, même le détail imperceptible prendra des grandeurs titanesques dans sa vision. Son esprit exige la perfection dans son être autant que dans son paraître, faisant de lui une créature maudite se sachant indubitablement incapable d'errer aux côtés des astres où règne la perfection.
Il vit devant un miroir et les autres sont le miroir, il ne pourra s'assurer de son existence qu'en la retrouvant dans le visages des autres. C'est pour cela qu'il poussera l'exactitude jusqu'au scrupule : tout dans sa tenue exige une signification, une raison, un but, elle doit provoquer et capturer le regard de l'autre, ce n'est qu'ainsi qu'il affirmera son existence. 
Cet homme, sans nom ni visage ni statut ni adresse, joue sa vie, faute de pouvoir la vivre. Il force les autres, qui ne sont autre que sa réflexion, à le créer lui-même. Seul, il ne sera personne, il ne sera rien, il n'existera pas...



jeudi 7 novembre 2013

Le Grunge : Un Cri révolté désirant faire de l'Irrationnel une Raison ...

Je crains qu'il soit temps désormais de rédiger un article sur le Grunge. Eh oui, il se propage dans les rues d'une manière théâtrale et exponentielle. C'est ainsi que j'ai été contrainte de décrypter et appréhender l'attitude de ce dernier. 
L'unique raison de son expansion est le fait que le style grunge a été élu comme nouvelle tendance de mode. En effet, à l'instar de sangsues menées par leur instinct grégaire, les individus s'agrippent à ce style nouveau et modèlent un fanatisme grandissant, faisant d'un simple style vestimentaire une loi nouvelle. N'est-ce pas chose de joie que de rajouter une règle à notre société si scrupuleusement architecturée, une règle imprégnée de valeurs et de jugements.
Néanmoins, avant de devenir une simple tendance de mode bénigne, le grunge était l'allégorie d'une pensée réfléchie et tourmentée : il était l'expression d'un homme révolté, d'un homme qui pousse un cri contre l'absurdité de son existence. De cette cruelle lucidité face au non sens de la vie et de cet esprit troublé, émane une colère impétueuse et implacable qui mène à désirer une allure tout autant déchirée et anarchique : le Grunge. En effet, la gratuité du monde est répondue par une révolte fiévreuse qui s'exprime à travers les tenues quelques peu provocantes voire même obscènes. Ainsi, l'absurdité apparente de l'allure grunge n'est que la représentation d'une fureur blessée qui n'admet qu'une vérité : le cri irrationnel...




Dries Van Notel Spring/Summer 2013


Photographié par Craig McDean

Les fameuses chemises à carreaux par exemple ne sont que la représentation d'une volonté d'ordre en passant d'une manière inévitable par le désordre. Nietzsche l'exprime à l'aide d'une métaphore : "Pour élever un sanctuaire nouveau, il faut abattre un sanctuaire, telle est la loi". Il est vrai, l'allure plutôt dure  du Grunge représente la volonté de destruction, d'anarchie au profit d'un ordre nouveau, d'un ordre juste qui germerait sur un sol lavé et épuré enfin. L'attitude du Grunge est justifiée précisément par l'absence de justification. L'individu est alors à la recherche, sans le savoir, d'une morale, d'une raison, bien qu'il s'efforce à anéantir toute valeur ; de l'irrationalité de sa vie, il désire crée une Raison...

dimanche 13 octobre 2013

La Discordance entre Acteur et Décor : Une Source implacable de Beau...

Photographiée par le génie Craig McDean, la mannequin Saskia de Brauw devient l'allégorie de la mode dans le punk, de l'ordre dans le chaos, du beau dans le moche. Elle incarne les opposés, faisant de cette fatale collision une source de beauté nouvelle. Il est vrai, le photographe puise dans la noirceur pour en extraire une beauté pure et fraîche. La disparité entre l'allure de la mannequin et celle du décor prodigue à la scène un quelque chose de troublant et énigmatique. Désirant appréhender l'attitude et l'entendement de la scène qui se trouve être déchirée entre les deux pôles, on se retrouve nous mêmes paralysés dans ce choc perpétuel de deux infinis opposés.
L'étrangeté de la scène, sa discordance délibérée qui pourtant révèle une sincérité inopinée, nous laisse non si indifférents. Emerveillé par cette beauté nouvelle, le reste semble devenir pâle et sans vie aucune ; c'est dans les contrastes involontaires, les discordances naturelles que le Beau véritable se dévoilera...


"Couture Clash"
in W magazine
editorial octobre 2013

"Couture Cash"
in W magazine
editorial octobre 2013


"Le beau est toujours bizarre. Je ne veux pas dire qu'il soit volontairement, froidement bizarre, car dans ce cas il serait un monstre sorti des rails de la vie. Je dis qu'il contient toujours un peu de bizarrerie, de bizarrerie non voulue, inconsciente, et que c'est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement le Beau."
- Charles Baudelaire




"Couture Clash"
in W magazine
editorial octobre 2013

"Couture Clash"
in W magazine
editorial octobre 2013








samedi 12 octobre 2013

Le Mode troublée : Exaltation du désespoir et Victoire de la Chute...

Conséquemment à une période de légèreté, à une atmosphère sereine, apaisée et simpliste et, ayant adressé des louanges à la tenue "all white" de l'hiver dernier, au dandysme puriste et à la zen attitude des bohémiens, la chute est en proie à une ténébreuse révolution.
En effet, la dégaine boho chic de Isabel Marant par exemple a été transmutée en une attitude fataliste : l'allure de la griffe chante la victoire de la chute, le triomphe de la noirceur et la décadence de l'homme.
Le Mal du Siècle a déclaré sa venue lors des différentes Fashion Week avec une noirceur tant obscène qu'hostile : la vulgarité de Louis Vuitton, l'anarchie de l'exposition au Metropolitan Museum of Art, PUNK : chaos to couture ainsi que le grunge de Saint Laurent Paris sont des représentations de la révolte humaine, du drame de l'existence. Il est vrai, un quelque chose d'obscur se propage dans les rues et furtivement prendra possession de l'homme, faisant de lui un individu maudit, torturé, misérable, qui ressent pourtant un pouvoir malsain et corrompu. Cachée derrière les tenues, ricane la chute ; avec sadisme et dédain, elle annonce son apparition et se déclare souveraine de l'homme qui ne peut que céder à la loi de pesanteur, il se laisse alors porter par les miasmes des ténèbres, les dangereuses douceurs de l'obscurité et exalte, à travers sa tenue, son attitude et son allure, un désespoir impassiblement éternel... 

Louis Vuitton
collection printemps/été 2014
Louis Vuitton
collection printemps/été 2014






Isabel Marant
collection printemps/été 2014

Louis Vuitton
collection printemps/été 2014

Hélas, nous avions pourtant été avertis ; l'élévation, au moment de son apparition, prévient que son meilleur ami n'est autre que chute. Après le siècle de Lumières a bien apparu le Mal du siècle...


lundi 30 septembre 2013

L'Homo duplex Vera Wang : Un Flux lyrique...

La griffe éponyme de l'artiste Vera Wang exploite la duplicité de l'homme dans sa collection printemps/été 2014 lors de la NYFW. Il est vrai, elle expérimente avec les faces opposées de l'homme, elle joue avec ses discordances extrêmes. Ainsi, comme Baudelaire, la créatrice de mode expose la double postulation de l'homme ; tiraillé entre les deux pôles, il exprime sa nature contradictoire. - C'est bien ce "choc perpétuel de deux infinis" qui est la source du rire et le sujet de l'essai de l'écrivain français, De l'essai du rire -.
Telle un pendule, l'aspiration de la mannequin oscille entre douceur et sévérité, sport et élégance, souplesse et rigidité, simplicité et ornementation de pierreries ; elle ne peut exprimer un seul des deux pôles, car elle est avide des deux infinis. C'est dans cette ardeur et ce zèle implacable que le Beau est révélé.
De plus, le dégradé des couleurs, le jeux de transparence et la fluidité des tenues font de la collection une rivière lyrique, légère, dansante et dramatique. Ainsi, le défilé se métamorphose en un poème lyrique...

défilé de Vera Wang, collection printemps/été 2014
NYFW


collection printemps/été 2014



















collection printemps/été 2014

collection printemps/été 2014



mardi 24 septembre 2013

La Parisienne : L'Incarnation d'une Indifférence dédaigneusement architecturée...

La parisienne, elle est cette femme impénétrable qui, derrière ses lunettes de soleil, transparaît comme condescendante et dédaigneuse. 

De Garance Doré

Refusant de succomber à son instinct grégaire, elle ne se laisse pas guider par les diktats de mode. En effet, la parisienne se montre insensible aux règnes éphémères des tendances ; s'étant nommée sa propre souveraine, elle s'habille selon son zèle. Il est vrai, elle projette une dureté et une audace irrévérencieuses, pourtant ces traits de caractère communément admis comme vices, peuvent également être jugés comme de précieuses qualités : sa franchise, certes impassiblement acérée et souvent confondue avec une dureté cruelle, ne laisse aucune place à l'hypocrisie. Elle s'habillera alors comme bon lui semblera, sans cacher sa personne derrière les tendances déclarées par les magazines de mode, pour précisément laisser son esprit s'affirmer.
Son âme libre fait d'elle le sujet tant d'une crainte que d'un dégoût voire même d'un mépris. Ce dégoût en question provient indirectement de la crainte qu'elle provoque en les personnes. L'indifférence à tout qui est projetée n'est en réalité que dissimulation, effectivement chaque détail détient son importance et son utilité. Pourtant, la parisienne s'efforce à les faire sembler inopportuns et hasardeux.
Rédigeant cet article, une porte de ma conscience s'est déployée, présentant un aphorisme d'Emile Cioran : "Se prétendre plus détaché, plus étranger à tout que n'importe qui, et n'être qu'un forcené de l'indifférence". La parisienne adopte vaguement cet écrit, effectivement elle se contraint à sembler étrangère et indifférente au monde qui l'entoure, comme si elle ne pouvait en aucun cas, appartenir à ce dernier, mais plutôt à une réalité supérieure. Pourtant cette négligence et indifférence apparentes à tout sont en réalité le résultat d'une architecture vigoureusement travaillée et, un quelque chose d'invisible, agissant comme un impératif intérieur, l'astreint à paraître indifférente et détachée.
Ces impératifs intérieurs, cet esprit précaire et tourmenté, cette délicate âme de philosophe, cette overdose de café, cette avidité implacable de savoir, de beauté, d'étrangeté, cette tyrannie personnelle, cette recherche de beauté cachée, ce savoir-vivre austère, cette envie insolente de liberté, tout cela, résidant en une seule personne, donne naissance à la formidable Parisienne...







Clémence Poésy,
Une Parisienne

vendredi 20 septembre 2013

L'Allure : Une secrète Révélatrice de l'Essence même d'une personne...

Les habits ont leur importance qui est indéniable, certes, mais l'allure, l'allure que la personne dégage détient une valeur qui est beaucoup plus grande, puissante et révélatrice que l'habit en soi.
Je désire m'attarder sur l'importance et le rôle que joue cette allure à l'aide d'une photo qui est ma muse pour cet article :

De Garance Doré

La nonchalance intelligible de cette femme est à envier. Elle remet en cause toute valeur de l'habit au profit de l'allure même de la personne. En effet, il semblerait que c'est dans l'essence même de sa personne, que la mannequin trouve sa puissance ; qui pourtant ne cherche pas à être sous le feu des projecteurs, elle désire précisément demeurer discrète et garder secret sa lumière. Delà découle son naturalisme pur et sincère qui ne manque pourtant pas d'attirer tous les yeux qui l'entourent.
Il est vrai, bien que cette femme désire paraître simple et discrète, son allure dérobe toutes le lumières, faisant d'elle la seule étincelle visible qui jaillit d'une confiance nonchalante et détachée de son propre pouvoir ; n'est-ce pas cela la modestie...

samedi 14 septembre 2013

Serge Gainsbourg : Un Dandy poétiquement maudit...


Se prouvant audacieusement capable de dire l'indicible et de penser l'impensable, Serge Gainsbourg avait tendance à se retrouver au plein milieu de nombreux scandales de son époque, non si inopinément vu qu'il en est était lui-même la cause. Il invoque en nous tant du dégoût que de l'admiration, effectivement, son allure de poète maudit, troublé et marginal n'a pas manqué de charmer les plus belles des femmes telles que Brigitte Bardot et Jane Birkin. 
Ayant souffert toute sa vie d'un sentiment de rejet et de l'image que renvoie son miroir, l'artiste a certainement mené une vie troublée et précaire, ce qui a fait de lui un homme cynique et froidement noir. Néanmoins, cette philosophie nihiliste dont il vivait, n'a pu atteindre son apparence esthétique. En effet, il a tenu intacte son image de dandy incompris.
Ayant fait l'éloge de l'écrivain Charles Baudelaire dans une des ses chansons "le serpent qui danse", Gainsbourg semble avoir également adopté certains de ses dires, car, bien qu'il fut le sujet de la décrépitude délibérée et désintégration lente et laide du corps, il maintenait tout de même son apparence vestimentaire au paroxysme du style ; effectivement comme l'eut dit Charles Baudelaire, le dandysme est "le dernier acte d'héroïsme". S'abandonnant aux voluptés obscures et interlopes de la nuit, Gainsbourg a laissé son corps valdinguer où bon lui semblait, tout en maintenant évidemment un style digne d'un homme errant dans les hautes sphères de l'esprit. Le poète maudit a littéralement incarné les mots de Baudelaire, son allure dandyesque a été son dernier acte d'héroïsme avant de se livrer à la mort...








vendredi 6 septembre 2013

L'Austérité : Une Idée qui jaillit intense dû à sa forme contraignante....

En réaction de l'extravagance, des excès lyriques, de l'exagération des sentiments et du moi de l'époque Romantique et Baroque, jaillit un autre mouvement : le Parnasse. Il a pour but de valoriser l'art poétique par la retenue, par une forme d'ascétisme. Le parnassien est en quête de la perfection et cette recherche le mènera à être implacablement rigoureux. La forme, étant sévère et réfléchie, ne laisse aucune place à l'embellissement inutile des vers. C'est ainsi, que le poète atteindra le beau, écrivain Charles Baudelaire l'eut affirmé : "Parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense". En effet, dépourvue de l'ornementation excessive des vers, la poésie aura la possibilité de faire apparaître sa pensée.

C'est effectivement ce mouvement poétique qui se cache derrière l'idée du less is more. L'individu adhérant à cette philosophie, marquera son style par une forme d'ascèse, une forme de retenue. Certes, à première vue, il semblera être dépouillé de toute personnalité, de toute couleur, de toute créativité, pourtant, apparaîtra à celui qui est patient et persévérant, une idée, une pensée intense et profonde. Les eaux de cet individu se prouvent être calmes et sages, néanmoins, c'est souvent ces mêmes eaux qui ont des profondeurs insoutenables ; ceci miroite l'habillement de la personne en question, sa coquille d'habits paraît sobre et démunie de vie, tandis que l'austérité de celle-ci est en réalité une architecture calculée laissant transparaître une idée intensément pure et réfléchie.














































Le Baroque et le Romantique, faisant preuve d'une ornementation excessive, d'une exaltation des sentiments, exagération des couleurs, miroitent l'idéologie go big or go home. Certes, à premier abord, l'individu embrassant cette pensée paraît débordant de joie, de vie, de personnalité, pourtant, comme le mouvement, il se laisse bercer voluptueusement par le rythme artificiel des vers dramatiques : ses eaux paraissent profondes et énigmatiques, mais, c'est précisément parce qu'elles manquent de profondeur, que l'individu s'oblige à les troubler, à faire apparaître des vagues remplies de terreur et de caractère.
Ainsi, c'est parce qu'il n'existe aucune réelle idée derrière sa coquille d'habits, qu'il se force à la décorer démesurément dans le but de créer une illusion de pensée...