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jeudi 2 janvier 2014

l'Âme brute des Artistes : Une hyperbole perpétuelle...

Il y a l'artiste et il y a l'artiste français. Les deux sont des génies, ceci est indubitable. Mais l'artiste français est une race rare, il tue l'homme qu'il est, pour ne faire place qu'à son âme ; son esprit, délivré du corps humain pourra alors errer dans des lieux imaginaires qui ne sont visibles qu'à l'oeil de la conscience.
Créateur Jean-Paul Gaultier et écrivain Louis-Ferdinand Céline sont deux artistes, deux français, deux meurtriers qui n'ont comme possession que leur esprit.
Ils laissent leur âme parler et lorsque l'âme parle, elle crie, elle s'exalte, elle est brute et honnête, puérile et non éduquée ; d'où émane la troublante et bouleversante sincérité de Céline et l'extravagance à son état brut de Gaultier. 
A l'instar du français qui exacerbe tout, autant le langage que le style, l'exaltation euphorique que la lamentation désespérée, c'est l'âme de l'humain qui jaillit et non le soit-disant homme, homme civilisé, homme imprégné de valeurs illusoires, homme robotisé qui fuit la peur au lieu de s'enivrer d'elle. L'âme française ignore toute limite, elle s'enfièvre de toutes ses émotions : son existence est une hyperbole perpétuelle. " loin du français, je meurs..." eut professé le littérateur Céline, il a bien raison, loin du français, l'âme plonge dans un ennui fataliste, dans une mélancolie presque anesthésiante. Le langage français, oral ou écrit, dans son allure ou dans son être, impose une exaltation, une brutalité sincère. Il se veut aventurier et audacieux, il refuse la modération, désire posséder l'infini et exalte toute chose jusqu'à son paroxysme. 
Cette fureur est exposée chez nos deux artistes, leur âme pure et brute transparaît derrière leur création. L'un restitue le langage parlé, le langage de l'âme dans la langue écrite, l'autre crée une apparence, une allure qui n'est que le cracha et l'ombre de son âme...
Jean-Paul Gaultier
A/W 2006



Louis-Ferdinand Céline



















"Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n'est que déceptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force.
Il va de la vie à la mort. Hommes, bêtes, villes et choses, tout est imaginé. C'est un roman, rien qu'une histoire fictive.
Littré le dit, qui ne se trompe jamais.
Et puis d'abord tout le monde peut en faire autant. Il suffit de fermer les yeux.
C'est de l'autre côté de la vie."
- Voyage au bout de la nuit, Céline
S/S 2013




dimanche 6 octobre 2013

Le Fauvisme de Chanel : Une Collision délibérée entre Art et Mode...

Telle une peinture fauviste qui aurait pris vie, la collection du créateur Karl Lagerfeld émoustille nos yeux lors de la fashion week de Paris. Jaillissant de couleurs intenses et lumineuses, les mannequins de Chanel incarnent la sauvage violence expressive, tout en dégageant une sincérité fraîche et innocente qui émane de la pureté des couleurs.
Il est vrai, le génie aux lunettes noires a métamorphosé le Grand Palais en une galerie d'art. Voulant prodiguer à la mode sa gloire méritée, il l'expose comme un art et non comme une frivolité bénigne.
Au moment où les photos du défilé me sont apparues, une des portes de ma conscience s'est révélée à moi et le peintre Matisse a jaillit. Effectivement, son utilisation de couleurs intensément pures et agressives utilisées dans le but de démontrer un quelque chose de doux, léger et délicat miroite sur quelques points la pensée de Lagerfeld...

Luxe, calme et volupté (1904-1905)
Henri Matisse
Il est vrai, la maison de couture française laisse transparaître l'allure sauvage derrière le maquillage des mannequins et leurs tenues délibérément déchirées. Pourtant, même si invoquant une sauvagerie, les tenues exposent tout de même une pureté fraîche et puérile. Ayant affirmé la mode comme un art, Lagerfeld fait hommage à la symbolique de l'allure, à la pensée cachée derrière la tenue, au pouvoir de l'effet visuel...

collection printemps/été 2014

collection printemps/été 2014



collection printemps/été 2014




lundi 30 septembre 2013

L'Homo duplex Vera Wang : Un Flux lyrique...

La griffe éponyme de l'artiste Vera Wang exploite la duplicité de l'homme dans sa collection printemps/été 2014 lors de la NYFW. Il est vrai, elle expérimente avec les faces opposées de l'homme, elle joue avec ses discordances extrêmes. Ainsi, comme Baudelaire, la créatrice de mode expose la double postulation de l'homme ; tiraillé entre les deux pôles, il exprime sa nature contradictoire. - C'est bien ce "choc perpétuel de deux infinis" qui est la source du rire et le sujet de l'essai de l'écrivain français, De l'essai du rire -.
Telle un pendule, l'aspiration de la mannequin oscille entre douceur et sévérité, sport et élégance, souplesse et rigidité, simplicité et ornementation de pierreries ; elle ne peut exprimer un seul des deux pôles, car elle est avide des deux infinis. C'est dans cette ardeur et ce zèle implacable que le Beau est révélé.
De plus, le dégradé des couleurs, le jeux de transparence et la fluidité des tenues font de la collection une rivière lyrique, légère, dansante et dramatique. Ainsi, le défilé se métamorphose en un poème lyrique...

défilé de Vera Wang, collection printemps/été 2014
NYFW


collection printemps/été 2014



















collection printemps/été 2014

collection printemps/été 2014



samedi 14 septembre 2013

Serge Gainsbourg : Un Dandy poétiquement maudit...


Se prouvant audacieusement capable de dire l'indicible et de penser l'impensable, Serge Gainsbourg avait tendance à se retrouver au plein milieu de nombreux scandales de son époque, non si inopinément vu qu'il en est était lui-même la cause. Il invoque en nous tant du dégoût que de l'admiration, effectivement, son allure de poète maudit, troublé et marginal n'a pas manqué de charmer les plus belles des femmes telles que Brigitte Bardot et Jane Birkin. 
Ayant souffert toute sa vie d'un sentiment de rejet et de l'image que renvoie son miroir, l'artiste a certainement mené une vie troublée et précaire, ce qui a fait de lui un homme cynique et froidement noir. Néanmoins, cette philosophie nihiliste dont il vivait, n'a pu atteindre son apparence esthétique. En effet, il a tenu intacte son image de dandy incompris.
Ayant fait l'éloge de l'écrivain Charles Baudelaire dans une des ses chansons "le serpent qui danse", Gainsbourg semble avoir également adopté certains de ses dires, car, bien qu'il fut le sujet de la décrépitude délibérée et désintégration lente et laide du corps, il maintenait tout de même son apparence vestimentaire au paroxysme du style ; effectivement comme l'eut dit Charles Baudelaire, le dandysme est "le dernier acte d'héroïsme". S'abandonnant aux voluptés obscures et interlopes de la nuit, Gainsbourg a laissé son corps valdinguer où bon lui semblait, tout en maintenant évidemment un style digne d'un homme errant dans les hautes sphères de l'esprit. Le poète maudit a littéralement incarné les mots de Baudelaire, son allure dandyesque a été son dernier acte d'héroïsme avant de se livrer à la mort...








mercredi 21 août 2013

Paris : Un éternel Elan dionysiaque...

Dans la ville de Paris, émerge le culte des élites nommé "les années folles". Après le bouleversement du premier conflit mondial, la ville se métamorphose en une délicieuse nouvelle créature ; loin la musique nostalgique de "La belle époque", un nouvel air vient régner sur Paris. Les cabarets, les music-hall, les cafés mondains, le Moulin-Rouge viennent séduire les parisiens qui ne peuvent que succomber à ces tentations nouvelles qui apaisent leur soif de folie.
La mode est également en proie à une révolution : La femme désire se sentir féminine et exubérante  elle abandonne les corsets et les grands chapeaux symbolisant la retenue de l'avant-guerre. La volonté de liberté est aperçue dans la frivolité des tenues qui gardent tout de même leur élégance admirée grâce aux créateurs de mode de l'époque tels que Coco Chanel, Lanvin, Paul Poiret.
Très vite, la ville devient le lieux de rencontre des artistes et intellectuels; tous avides de savoir, d'épanouissement, de sensations encore inimaginées. Les artistes tels que Picasso, Matisse et Braque rencontrent écrivains Scott Fitzgerald et Hemingway. Ce mélange des esprits enveloppe tous les personnages dans une insouciante bulle d'euphorie absolue, où des couleurs jaillissent à chaque coin de rue provocant des apparitions nouvelles de teintes auparavant cachées. Qu'elle nous laissent envieux cette bulle, si légère, si fragile, elle s'élève dans l'éther et retrouve une plénitude vénérable.

Coco Chanel




Encore aujourd'hui, dans l'air de Paris demeure son passé de folie et de génie, intoxicant chacun des habitants d'un gaz puissant, d'inspiration, de volonté de découverte, d'assouvissement total. Laissant son corps valdinguer dans les rues de la ville, ses anciennes muses prennent possession de ce dernier, et nous nous trouvons ainsi submergés d'une sensation qui chatouille nos intérieurs et nous laissent s'infiltrer secrètement dans cette bulle multicolore. C'est alors que commence notre voyage vers les terres inconnues, les couleurs exotiques, nos jardins perdus...

 
années folles revisitées
 avec Louis Vuitton



Marchesa
Tiffany's
Great Gatsby collection










lundi 5 août 2013

Balenciaga : Une Histoire épurée...

Cristòbal Balenciaga, créateur de mode espagnol, continue d'émoustiller nos vies avec ses créations surprenantes qui nous séduisent jusqu'au bout des ongles. Ses collections miroitent un trajet atypique mais, oh, que ce chemin est magnifique : parcourant tant les sombres profondeurs du bas monde  que les caressants vents de l'éther, l'architecte achève sa vie avec un couronnement épuré.
Son trajet débute en 1937 avec sa première collection haute couture, celle-ci est l'allégorie parfaite de l'adresse de sa présentation, avenue George V : une ligne destinée à l'élite si délicieusement scandaleuse de Paris, à cette noblesse ayant le visage des anges les plus vertueux et l'âme des démons les plus formidablement sadiques. Son chemin continue en slalomant de gauche à droite, comme un pendule : oscillant de la pesanteur à la légèreté, de la chute à l'élévation, de la souillure à la pureté...

collection printemps 2003
     Balenciaga parcourt les jardins
                   tropicaux de son enfance, danse sur les arcs-en-ciel de l'innocence.
collection automne 2010
                                             
collection printemps 2010






collection printemps 2007


Il plonge dans l'abîme, goûte le doux poison de la noirceur
et jouit de l'obscène pouvoir de l'obscurité jusqu'à en s'abandonner et trouver dans sa mort, une piquante vengeance.





collection printemps 2006
 Tel un phoenix, il renaît de ses cendres, s'élève dans l'au-delà.
 Son âme flotte dans la légèreté de l'air et,
collection resort 2013
 il cède à sa mort qui lui prodigue
 une gracieuse délivrance.