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vendredi 27 septembre 2013

L'Urbain : Un Mélange fascinant de l'Underground et de l'Elite...

Le désir de transgression semble être assouvi au défilé de mode de Humberto Leon et Carol Lim (qui a été l'inspiration de la collection) lors de la New York Fashion week. Comme si plongé dans une scène tremblante du film Fast and Furious, une sorte d'excitation délétère paralyse le corps, l'atmosphère de l'underground dangereusement attrayant submerge l'esprit qui ne peut que céder aux voluptés du côté obscur des choses. 
Il est vrai, l'homme, s'il se juge assez courageux pour être honnête avec lui-même, avouera qu'il aime défier et jouer avec les interdits, qu'il recherche l'adrénaline cachée dans ces actes prohibés. 
Ici, les créateurs de mode nous nourrissent de cette excitation condamnée, ils nous servent le fruit interdit sur un plateau d'or. Dans une atmosphère vibrante qui se sait séduisante, les mannequins éveillent notre puérilité, notre fascination enfantine pour les choses interdites.

NYFW
collection spring/summer 2014

La griffe expose un aspect de la vie urbaine qui est souvent mis à l'écart, voire même dénigré ; jugé comme mauvais et inférieur, tel un paria, il s'est retrouvé forcé de se développer où l'on ne pouvait le voir : dans l'underground. 
C'est ainsi que Humberto Leon et Carol Lim s'aventurent sous l'axe horizontal de la vue, ils plongent dans l'abîme, voyagent vers les terres ténébreuses du mal et, en extraient une beauté rare et étrange.
Les créateurs infusent la modernité des générations nouvelles à la tradition classique. Leur collection printemps/été 2014 incarne la ville de New York sous tous ses aspects : elle est un mélange fascinant de l'underground New yorkais et de l'élite du fabuleux Manhattan...

NYFW
collection spring/summer 2014


NYFW
collection spring/summer 2014






jeudi 19 septembre 2013

Zéro : La Quintessence de la Pureté...



Zéro ;  il est un nombre pur, ni positif, ni négatif. C'est pour cela que la créatrice de mode, Maria Cornejo, incorpore ce mot dans l'appellation de sa griffe, Zero + Maria Cornejo.
Incarnant une vision pure et délavée des tendances éphémères de nos jours, la ligne miroite une allure épurée et simpliste, qui paradoxalement ne manque pas de surprendre les individus à chaque collection nouvelle présentée lors de la fashion week de Paris. En effet, bien qu'elle ne réponde nullement  à une luxure extravagante, c'est dans son architecture tranchante et ses détails intelligents qu'elle trouve son pouvoir.
Les créations, faisant preuve d'une modeste simplicité, révèlent à celui qui est rigoureux une idée réfléchie, une volonté de sévérité tout de même féminine et, un réalisme plutôt naturel dépourvu d'ornementation excessive qui donne à la ligne sa brillante intemporalité, en incarnant tout de même une ambiguïté mystérieuse et attirante : le premier atelier de la créatrice nommé Zéro vibrait d'une attitude artistique et créative, tel l'atelier d'un artiste marginal et solitaire enveloppé dans sa bulle indéchiffrable de poète incompris, il laisse transparaître dans la griffe un caractère énigmatique...











samedi 31 août 2013

Rag&Bone : Un Réalisme presque exubérant...

Kate Moss
pour Rag&Bone
Il est temps de faire une révérence aux deux British, Marcus Wainwright et David Neville qui ont envahit New York avec leur griffe, Rag&Bone.
Avant d'explorer minutieusement, voire fanatiquement cette marque qui, d'une manière paradoxale, nous laissent éperdument perplexes dans sa simplicité, je désire m'attarder un moment sur l'appellation de celle-ci : Rag&Bone ; le "rag and bone man" est en réalité un chiffonnier qui collectionne des objets négligés et non désirés. Ayant un certain vécu qui ne manque pas de laisser sa trace sur la marchandise, les objets démunis de vie sont vendus aux marchands enclins de les acheter. Valdinguant de ville en ville, le chiffonnier n'a comme possession que ses objets qui, comme lui, n'appartiennent à personne, ne portent plus de réel nom, ils ne font qu'errer dans des avenues qui leurs sont étrangères. Dépourvus de sens et de valeur, les divers objets, tels que des os, des chiffons, des morceaux de métal et d'autres débris de ce genre, ne peuvent que revenir à l'essence même de ce qu'ils sont. Délavés de toute dimension, ces objets sont à nouveaux de simples objets : aucune illusion, aucune enveloppe ornementée, comme si, pour la première fois, la réalité de ces matières se dévoilait à nos yeux.
C'est à présent qu'entre en scène l'histoire de nos deux amis ; leur griffe, anéantit de toute valeur, démunie de la carapace habituelle sertie de joyaux, permet de revenir à l'essence même des choses. Ainsi, jaillit un réalisme plutôt surprenant, car revenant à l'état premier et donc pur de toute chose, en ressort une simplicité presque exubérante.

Rag&Bone
printemps/été 2013

Rag&Bone
printemps/été 2013

Il est vrai, les deux anglais ne recherchent pas l'extravagance luxueuse et l'excès glamour, pourtant ils ont tout de même triompher rapidement. Dans la structure plutôt sévère et simple de leurs créations apparaît une clarté et une franchise rafraichissantes. Dépouillées d'excès, d'exagération et surcharge décorative, elles jaillissent d'un réalisme lumineux et purement sincère...

mercredi 14 août 2013

The Kooples : Une marque, un Couple, une Excellence transcendante...


The Kooples, une marque imaginée par trois frères, Alexandre, Laurent et Raphaël Elicha, admet son originalité par la création ex nihilo des collections paritaires. Ces trois frères ont baigné dans le somptueux monde des vêtements depuis toujours grâce à leurs parents qui sont les créateurs de la marque "Le Comptoir des Cotonniers" qui naît en 1997. En moins de quinze minutes le nom de The Kooples a été imaginé, car il induit la notion du couple et sonne comme un groupe de rock, deux choses très attrayantes aux yeux des trois jeunes frères. Certes, c'est une marque vue comme rock-chic, néanmois, elle a ce "je ne sais quoi" indescriptible: "Les Anglais trouvent notre style très frenchy et les Français considèrent que notre ligne est d’inspiration londonienne. Quant au magazine Vogue, il nous a qualifiés d’OVNI dans le monde de la mode", s’amuse Alexandre Elicha. Peut-être est-ce précisément ce quelque chose d'invisible qui apporte à la marque sa splendeur ;  le mystérieux est dangereusement délicieux, nous le savons. 
Les trois frères oublient volontairement  les règles de genre et s'inspirent des codes de la mode masculine pour créer la collection féminine ; en faisant, cette douce harmonie se propage et, comme si jaillissant de nulle part, une vague parfaitement bien formée vient embellir la calme et silencieuse mer .
Une cohabitation devient alors possible autant esthétiquement que spirituellement. Parfaitement symbiotique, elle efface toute ligne qui avait pour but de séparer l'homme et la femme ne laissant place qu'à la force et beauté du couple... 






La nouvelle collection, automne-hiver 2013, nous laisse autant abasourdis et captifs que les précédentes. La timide sexualité de la femme joue en contre-poids avec la modeste fierté de l'homme, le résultat ne peut qu'être séduisant aux yeux qui sont les notres.




jeudi 8 août 2013

Zadig et Voltaire : Une dangereuse collision entre le Féminin et le Masculin...

Zadig et Voltaire est une marque française du prêt-à-porter créée par Thierry Gillier. Celui-ci, marqué par le personnage Zadig, de l'oeuvre de Voltaire, Zadig ou la Destinée, dû à son charisme, modernité et courage, donne à sa marque le nom qu'elle porte aujourd'hui.
Pour sa nouvelle collection, la marque provoque une collision entre la féminité et la masculinité. Cet entrechoquement fait germer le puissant androgyne. Sa ligne automne/hiver 2013-2014 m'a fait voyager dans mon esprit duquel a émané un souvenir que j'ai cru était oublié :
Platon, le fameux philosophe grec, intègre Aristophane, un poète comique, dans son Banquet, il lui donne le rôle de fabuliste sur l'origine des hommes. Dans l'oeuvre du philosophe, Aristophane débite un monologue quelque peu étrange. Selon lui, notre nature originelle n'est pas celle qu'elle est aujourd'hui. Au tout début de l'existence qui est la notre, il y avait trois genres, le masculin, le féminin et un troisième dont seulement le nom a subsisté, mais la chose a disparu: l'androgyne. L'espèce réunissait en un seul être le principe mâle et le principe femelle ; il n'en est plus ainsi, le nom seul a demeuré, comme une injure. Le premier genre, le mâle, était originellement fils du soleil, le second, femelle, est tiré de la terre ; et, le troisième participant des deux, provenait de la lune, car, celle-ci a également une double participation.
Les androgynes, ayant huit membres, faisaient preuve d'une force indomptable et leurs pensées n'étaient pas moins impressionnantes. Ils décidèrent d'entreprendre contre les Dieux, de monter jusqu'au ciel pour attaquer ces divins. En effet, ils étaient avides de pouvoir et, ont refusé le statut d'homme, se croyant dignes d'une déification. Faisant preuve de trop grande et insolente vanité, ces espèces ont dû subir le châtiment infligé par les Dieux. Après maintes délibérations entre tous les Dieux pour trouver une punition adéquate, Jupiter aboutit finalement à une solution : "Je crois qu'il y a un moyen pour qu'il reste des hommes et que pourtant, devenus moins forts, ceux-ci soient délivrés de leur démesure ; je m'en vais couper chacun en deux, ils deviendront plus faibles, et, du même coup, leur nombre étant grossi, ils nous seront plus utiles ; deux membres leur suffiront pour marcher ; et, s'ils nous semblent récidiver dans l'impudence, je les couperai encore en deux, de telle sorte qu'il leur faudra avancer à cloche-pied." Voilà que toutes les espèces du troisième genre se retrouvèrent divisées. Ce déchirement de nature primitive laisse chaque moitié, qui est l'humain d'aujourd'hui, désirer son autre moitié d'une manière ardente. Leur réel châtiment fut certes un manque de pouvoir, car ils en désiraient précisément trop, mais surtout un manque d'un quelque chose d'invisible qui les fait sombrer dans le purgatoire de la souffrance.


collection automne/hiver 2013-14

collection automne/hiver 2013-14 
collection automne/hiver 2013-14 
collection automne/hiver 2013-14



Zadig rend la force et vanité jadis perdues à l'androgyne. Elle lui redonne la puissance et l'audace qu'il avait naguère en créant sa nouvelle collection. L'enfant de la lune renaît devant nos yeux, plus fort que quelconque autre humain, il envahira ce monde qui est le notre avec un intellect, un pouvoir et bien évidemment une classe et un ego surdimensionnés. C'est ainsi, que la marque française érige un échappatoire hors de ce purgatoire de souffrance qu'est notre vie et, nous permet de regoûter à cette douce puissance que nous avions il y a, oh, si longtemps.
La collection fait preuve d'une telle modernité qu'elle ne peut qu'être inspirée par un titanesque saut dans le passé...